Tour des Pyrenées, août 2003



1/2 - 8 - 2003,   Schoorl → Nootdorp → Eindhoven   → → →   Rivesaltes

Friday 1 august was a stressful day in between two holidays. At ten a.m I said goodbye to my daughters (I left them crying) after a nice week spent in a holiday resort in Schoorl. Ten minutes later Mummy would take over. In Alkmaar I had ten minutes left to buy a train ticket. I got off in Den Haag, cycled to Nootdorp where I had coffee in the neighbour's garden and changed the contents of my bike paniers. Back to Den Haag, and again not much time left to get aboard a train to Eindhoven. Shortly before Eindhoven it was announced that the train would not continue after Eindhoven because of a malfunctioning freight train between this station and the next. Would this malfunctioning have happpened before Eindhoven . . . . Well, it hadn't, so I arrived at the parking lot where the bus was supposed to pick us up well on time, though apart from three mueslibars without any food. And it was hot! The bus driver warned us: the arrival times in France mentioned in the brochure could not be guaranteed due to samedi noir, in fact le samedi noir le plus grave. On the autoroute to Montpellier e.g. there was a queue of thirty km. And so it happened that instead of 11 a.m. we arrived at Rivesaltes shortly before 3 p.m.




2 - 8 - 2003,   Rivesaltes → Prats de Mollo   87 km




Within an hour: Pyrenees within view

Nice road along the Tech


This left me just enough time, I reckoned, to reach Prats de Mollo around dinner time, though not by the scenic route that I had planned at home. And it was HOT. Two weeks later I learned that one of the Germans that were also in the bus, Mummy, Daddy (very experienced cyclist, who had used most of a sabbatical year to do a lot of cycling), and two teenage sons had had an exploded tube, most probably due to overheating. After I had made a first picture of the still faraway Pyrenees, I chose the shortest route to the valley of the river Tech, which was quite a nice road actually. I reached this valley at Céret where I had some fruits a.o. a melon, and cold drinks. From there it was thirty km slowly uphill to the destination of the day, where I had already booked a bed for two nights. The environment I rode through was gorgeous; I didn't mind the cars too much. At 7:30 p.m. I reached Prats rather exhausted because of the heat, the distance without much rest and the short nights since . . . since . . . well at least four short nights. I got a beer in a bar and asked whether they knew where I could find the gîte N.D. du Coral. They did and I was quite unhapppy to learn that it was at least an hour cycling from Prats: 10 km up in the direction of the Col d'Ares, and then a descent of 5 km over a piste. I had not enough time and energy left to make it there. I found a phone booth but it appeared that I had left the phone card I had purchased two hours before on the counter of the tabac (at least it wasn't in my wallet). So I went back to the bar from where I phoned 'them upstairs' to cancel the first night. However, the tenant of the gîte said to me: "get on your bike and follow the road to the Col d'Ares, je vais vous récupérer en voiture". Très sympa! It was not a glorious way to get there. Dinner was lovely and the other guests, a couple from Paris and a large group of two or three families were open to talk to. It was even lovelier to get into my first French bed in a cool, quiet dormitory. Would I sleep!



3 - 8 - 2003,   ND du Corral ↔ ND du Corral, 128 km




Fin du goudron – pas le Col de la Regina

2 fois Le Tech (village et ruisseau)

Et je dormais, vraiment! Pour la première fois dans dix-huit tours en velo, je dormais trop tard. J'avais mis le reveil-matin a 7:30, ce qui est même tard, mais je m'éveillais seulement à neuf heures moins quinze. Le gérant, pour qui il avait été tôt, ne s'était pas amusé. Après un petit déjeuner avec le choix d'au moins dix goûts de confitures de la maison, je montais mon Koga pour la première étape 'sans bagage'. A toutes les deux directions il m'attendait une piste de six kilomètres, dont je choisissais la direction descendante. C'était un très beau matin, pas encore trop chaud, avec un ciel tout bleu. Après trois ou quatre km j'avais une crevaison; tous les présages étaient vraiment bon! Mais en effet ça serait la seule crevaison dans quinze jours. De l'autre côté de la vallée, j'avais une belle vue sur le gîte, qui se trouvait vraiment très isolé. De Lamanère je pouvais rouler plus vite que 12 km/h (même plus vite que 30 km/h) et avec cette bonne allure je descendais jusqu'au Tech. J'ajoutais la montée à Prats de Mollo, où j'avais un café dans le même bar que l'autre soir. Ce très beau dimanche matin je quittais Prats en direction de La Preste. À mi-chemin je tournais vers le nord pour monter (et ajouter à ma liste) le Col de la Regina. Le gérant du gîte m'avait dit que la route n'était plus qu'une piste, et à mon chagrin il avait eu raison. Après 2 ou 3 km le goudron disparaissait, je faisais un photo, et tournais le vélo. À Prats je choisissais la petite route au col de Saous me recommandée par le gérant, et là aussi il avait eu raison: c'était une belle escalade pas trop difficile, pour temporairement m'enfuir de la vallée du Tech. Après la descente j'avais un sandwich dans un bar dans Le Tech. Il était peu après deux heures; la cuisine était déjà fermée, chose que je me rappelle de beaucoup d'étapes dans le passé. C'était un jour presque sans plans, surtout après le départ si tard, et pendant le sandwich je décidais ajouter une autre boucle vers le nord, par Corsavy (j'avais peur de ne pas avoir assez de temps (et d'énergie) pour le Col de la Descargue) et la détour par St.Laurens de Cerdans. Comme ça j'étais sur la D115 si peu de temps que possible. Et biensûr qu'à la fin il m'attendaient encore ces six km de cailloux. Avec une douce vitesse et plusieurs remplissements de mon bidon, je jouissais de cet après-midi. Pas plus de crevaisons, et j'arrivais au gîte à peu près une heure avant le diner, eh bien!, une heure et demie: comme le jour précédent on mangeait tard.




4 - 8 - 2003,   ND du Corral → Ripoll,   147 km

Col d'Ares, 1513 m – Vallter 2000 – Coll de Caubet, 1010 m




Vue au Col des Ares


Environs Vall Ter 2000



Plus de là-haut

. . .   encore plus


Ce matin je m'éveillais bien au piou-piou de ma montre. Je complétais le petit déjeuner avec des céréales de l'Hollande avec des autres goûts des confitures et du café. Ce n'était pas déjà un départ vraiment matinal, mais je partais au moins une heure plus tôt que la veille. Très doucement, espérant ne pas avoir une autre crevaison, je suivais la piste en direction montante. De nouveau c'était un matin resplendissant. Avec plaisir (et sans pneus plats) j'arrivais sur le goudron du D115 pour les trois derniers km jusqu'au Col d'Ares. De 1991 je me souvenais les alentours de ce col comme très jaunes; cette année, plus tard dans l'été, en outre une été très chaude, il n'était pas comme ça. La descente en Catalunya (Esp.) était facile et même un peu ennuyeux. A Camprodon je faisais quelques courses, entre autres une litre de jus d'orange frais, et je notais que le cours d'Espagnol que j'avais suivi l'hiver me fournait bénéfice, même qu'à Catalunya on ne parle (et n'écrite) pas l'Espagnol officiel. Avec difficulté je trouvais un coin pour me débarrasser de deux sacs. J'entrais deux ou trois jardins sans y rencontrer personne avant que je trouvais un bar juste hors de Camprodon. Après un café je quittais avec un hasta luego ('à tout à l'heure') pour mon premier 'au-dessus de deux mille'. De Camprodon c'était une dénivellation de quelques onze cent mètres. Pour dix km pas beaucoup se passait, mais après Setcases il commençait vraiment à monter, notamment jusqu'aux premiers virages. Je savais: en descendant ça va être un passage très vite. Dès le premier virage il allait mieux, bien qu'à la fin j'étais bien fatigué. La fin, c'était a Vallter 2000 (dos mil), quelques hôtels, quelques bars, quelques magasins et une téléphérique. Je vidais la bouteille de jus d'orange et je tournais 180 degrés. Et bien, je voyais 73 km/h sur le compteur kilométrique (pour moi un record du 3ème millennium). J'arrivais au bar à Camprodon environ deux heures, je pensais voir sur la montre de la dame du bar, et j'étais bien content. J'avais deux cocas et un sanwich au thon. J'attachais les deux sacs et me mettais sur la partie suivante: le C-151 à Ripoll. Pendant 24 kms ça descendait et avec un vent arrière fort j'arrivais à Ripoll à 14:45 h. Il semblait que je n'avais pas bien vu le temps dans le bar de Camprodon. Je perdais une heure en cherchant un hôtel pas chèr. De 53 euro, par 69 euro pour dormir + petit déjeuner (et avec piscine, mais je n'avais pas emporté mon caleçon de bain) enfin, aidé par le turist inform je trouvais une chambre dans un hostal à 42 euros, dîner inclu. Je n'étais pas satisfait par l'étape jusqu'ici. C'était chaud (il allait être chaud pour une semaine) mais je montais mon vélo pour la boucle par le Coll de Caubet, tranquille jusqu'à Sant Joan, où de nouveau je mettais la roue sur le C-151 et courais en grande vitesse à Ripoll. Le restaurant de l'hostal était animé et chaleureux, le dîner pas mal (mais j'aurais pu manger plus), ma chambre était petite et étouffante et j'écoutais tout bruit de la rue. Eh bien, je ne dormais pas bien.




5 - 8 - 2003,   Ripoll → Err,   148 km

Collade de Toses, 1800 m – Cime de Coume Morera, 2205 m





Belle ascension au Collade de Toses


Ça monte et ça monte et ça monte . . .



Ravitaillement à Puigcerda

Ce matin j'avais mon p.déj. accompagné d'une femme de ménage, qui balayait la salle à manger. On ne parlait pas trop. Je partais en T-shirt et culotte. La route le long du Riu Freser jusqu'à Ribes de Freser était plus fréquentée, notamment par des camions, que j'avais espéré (et prévu). Heureusement après Ribes elle devenait plus calme. Je commençais la longue montée au Collade de Toses. J'avais pensé que j'avais à monter de 900 m à 1400 m. Le col était à l'autre pli de ma carte Michelin - le pli que je ne voyais pas - mais si loin que je pouvais voir en avant, et c'était bien loin, je voyais le chemin monter de plus en plus haut. Je passais un Espagnol qui m'informait que le sommet se trouvait en effet à 1800 m! Quelle belle, superbe montée! Le début de la descente, avec vues sur La Molina et Super-Molina était très belle (et rapide) aussi. Pourtant, quelle chaleur quand j'arrivais sur la C-1313 vers Puigcerda. À Puigcerda, avec déjà plus que 60 km sur le compteur kilométrique, c'était un bon moment pour un ravitaillement. Je remplissait l'estomac sur un banc chez un grand supermercado Champion. Un vieil Espagnol - qui parlait Français - me venait accompagner. Je le demandais me faire un photo et - puisqu'il était en vélo - m'accompagner vers Err, les kms suivants n'étant pas trop accidentés. Je venais avec lui à sa maison tout proche où il changeait de culotte, et d'où il m'aidait à réserver une chambre à La Seu d'Urgell. Nous roulions ensemble, moi l'attendant à tous "sommets", jusqu'à ce que, après une montée un peu plus longue (et contre le vent), je me tournais et ne le voyais nulle part. Entre 2 et 3 heures j'arrivais à Err, où j'avais difficulté à trouver le bon gîte. Enfin j'y entrais, et même que à ce moment il n'y avait personne là-bas je me trouvais immédiatement à mon aise dans cette accommodation très gentille. Je mettais des kilos de mon vélo dans un dortoir à 4 double lits. Je devais me décider que faire: la route au Puigmal, la route au Cime Coume-Morera ou rester dans le gîte. Je optais pour la 2me alternative. Une petite route forestière menait au Col de Pradeilles. Heureusement, plus haut j'arrivais, plus basse devenait la température. Peu après le col je passais la limite de la végétation arborescente. Le temps avait changé, il y avaient des nuages; ainsi le panorama de 2205 m n'était pas si spécial.




Environ Cime de Coume Morera


Dernier photo avec mon camera intact :-(

Je choisissais la même route pour descendre - il y avaient deux alternatives - une choix que j'allais regretter: quand je roulais à travers un trou méchant mon sac avec l'appareil photographique - pas protégé par mon casque (je l'avais sur ma tête!) se dégageait et tombait doing!doing!doing! sur la terre! MERDE! La première impression était que rien de grave s'était passé, mais le lendemain il deviendrait clair que la lentille ne marchait plus bien. MERDE! Je faisais de grandes courses à Puigcerda (assez à manger pour deux soirs) et arrivais au gîte pour la 2me fois, entre 6 et 7 heures. J'étais sur le point de préparer le dîner quand une couple de deux Belges arrivait, un peu hésitant s'ils allaient entrer où pas. Je les encourageais de rester, ce qu'ils faisaient. Ils, c'étaient Peter et Katrijn de Lokeren (B.). Je les invitais se mettre à table avec moi - j'avais bien assez pour quatre personnes, à condition qu'ils me prepareraient un repas du soir le lendemain. Ils acceptaient et nous passions une soirée fort agréable sur le balcon du gîte, et après partagions le dortoir à huit personnes, avec aussi une mouche.




6 - 8 - 2003,   Err ↔ Err   139 km

Lac des Bouillouses, 2015 m – Col du Creu, 1710 m – Col de la Llose, 1866 m – Col del Pam, 2005 m





Le Tech, en direction de sa source


Grande route (GRANDS rochers!)



Le barrage et le   . . . .

. . . .   Lac de Bouillouse

J'avais un petit déjeuner matinal et tranquil, essayant ne pas troubler le sommeil des autres quatre hôtes (il y avaient aussi deux Français qui dormaient sur le palier au dessus de la salle à manger). Je suivais la Route Nationale qui montait un peu jusqu'à Mont-Louis. Deux fois je tournais à gauche, et après un camping complet je me trouvais sur la très belle route longeant le Tech au Lac des Bouillouses. Le paysage était formidable et j'enjouissais la circonstance que les voitures n'étaient pas permis y passer individuellement (elles pouvaient suivre une des navettes qui partaient quelque quatre fois par heure). C'était une trés délicate expérience. Au "sommet" je faisais un photo du lac avant de mettre mon casque pour descendre. À Les Angles, où il y avait beaucoup de monde, j'achetais et prenais quelques provisions de bouche. Je descendais le long de l'Aude pour revisiter Espousouille où j'avais passé cinq nuits en 1989, aprés été piégé par une gastro-enterite, dans le gîte d'étape de Dany et Guy Pesqué. Je rencontrais ledit gentil couple, ils me reconnaissaient comme l'Hollandais malade, mais malheureusement pour la semaine prochaine le gîte était déjà complètement occupé. D'Espousouille je remontais jusqu'à Matemale, et là-haut, entre midi et une heure, il était de nouveau vraiment chaud. J'étais heureux avec tout ombre que je trouvais. La montée au Col du Creu n'était ni raide ni longue et à l'autre côté je trouvais un très petit, très beau chemin, par un paysage aride, qui menait au Col de la Llose. Encore une courte descente et je continuais par la D-618, trop fréquentée pour être agréable, et faisais la détour par le Col del Pam un autre "au-dessus 2000" pour ma liste. Quand j'arrivais à Font Romeu la température était entre 35o et 40o C. Et dans une cabine de téléphone, dans le soleil (comme toutes les cabines de téléphone en France!) c'était même plus chaud. Dans cette chaleur extrème je n'avais plus envie d'ajouter la montée d'Err au Puigmal. Je descendais dans la vallée de la Sègre, visitais Llo pour une bière, mais y trouvais seulement une fontaine (avec de l'eau frais et délicieux). Je revenais au gîte peu avant les deux Belges qui arrivaient avec un grand sac d'aliments. Avant la visite au supermarché ils avaient passé l'après-midi à la piscine. Ils me preparaient du saumon frit avec pâtes et épinards. Pas mal. On se couchait tôt (à 10 heures).




7 - 8 - 2003,   Err → La Seu d'Urgell,   148 km

Col de Puymorens, 1915 m – Port d'Envalira, 2407 m – Col d'Ordino,1981 m – Coll de la Gent, 1518 m




Mi-chemin au Col de Puymorens


Le T-jonction avec la grande file

Je partais bien avant la chaleur. Pendant dix km j'avais même besoin d'un maillot. Mais après un coup de téléphone à mon frère qui avait son anniversaire j'ôtais déjà ce vêtement. Cette étape pouvait bien être l'étape avec le plus beaucoup de voitures et elle serait certainement l'étape avec le plus haut col. D'abord il me fallait monter de Ur (à 1100 m) au Col de Puymorens (1900 m). Je rattrapais un Gallois, nous allions ensemble pour quelque temps, mais à cause de la circulation fréquente c'était impossible rouler côte à côte. De plus il avait une vitesse trés basse, donc je demarrais à mon propre rythme. La route au Puymorens n'est pas très speciale même dans un matin si beau (mais évidemment ça aide au bien-être), et aussi pas très dure. Au sommet je continuais sans m'arrêter - la descente n'est pas très dangereux (pas besoin d'un casque). Au carrefour du N-20 je voyais que la file au Pas de la Case commençait juste là (je prenais un photo et à la maison je constatais que la file commençait bien avant cette bifurcation). Ma vitesse moyenne jusqu'à Pas de la Case était plus au moins 10 km/h, et avec cette allure je ne roulais pas moins vite que les voitures. À Pas de la Case j'avais mon pause de café (mais je buvais de coca cola), et je m'étonnais de tous les gens qui pensaient y trouver le paradis (bon marché). Je notais que le whisky était vraiment bon marché, mais en vélo . . . Pendant la pause le ciel était devenu couvert et en grimpant le Port d'Envalira j'étais attrapé par la pluie. Même avec ça, au sommet il n'était pas froid.




Le toit de cette expédition

Au sommet je me mettais à l'abri d'une station service. En effet, il y en avaient deux là-haut (affreux!), au plafond de mon tour, à 2407 m s.l.m. J'étais remarqué d'un Espagnol en vélo de course. Il me racontait (en espagnol) qu'il avait juste fini un tour de siete mil km, y compris beaucoup d'étapes du dernier Tour de Fance. Il me faisait un photo avec le panneau du col, et nous descendions ensemble à Canillo. Pas trop vite à cause de la pluie. Au début c'était bien impressionnant, plus bas c'était surtout bruyant. À Canillo nous prenions un cafe cortado et parlions de tous les montagnes que nous avions vues (y compris Les Dolomites!). De là il - j'ai oublié son nom - allait descendre à Andorra-la-Vella tandis que moi avec plaisir j'allais monter la route au Col d'Ordino, qui me souriait déjà - et qui était vraiment un tour de force des constructeurs des chaussées.




Vue en haut,


vue en bas en grimpant vers le Col d'Ordino

La descente sur l'ouest était plus vierge . . . et plus pluvieux. En rapprochant Andorra-la-Vella j'entrais l'enfer. Trop de voitures, trop de constructions, trop de magasins, trop bruit, trop de tout sauf de la silence et de la nature. Ça durait jusqu'à la frontière. À partir de la douane la route descendait plus ou moins tout le temps le long de la Valira et avec le vent au dos il ne me coûtait pas longtemps pour atteindre La Seu d'Urgell, a las tres (3 p.m.). L'hôtel d'une étoile était aussi simple que l'hôtel à Ripoll, seulement ici il n'y avait pas un restaurant. Mais le patron était sympathique. Je pouvais même mettre des choses dans le frigo sous le comptoir. Aujourd'hui il n'était pas tellement chaud, et j'avais encore envie d'un autre projet, c'est à dire la petite route au Coll de Gent. Ayant traversé le Riu Sègre - par lequel c'était seulement 50 km pour revenir à Err - j'ôtais mon T-shirt et je me sentais très libre, très satisfait, très heureux, en suivant la petite route sineuse et tranquille, par un décor très beau, montant pendant vingt km.




Le dessert délicieux:

La montée au Coll de la Gent

Une expérience ravissante. Je détestais l'idée d'aller remonter en Andorra le lendemain (mais je pensais que j'allais le faire). Environ sept heures j'étais de retour dans l'hôtel, et après une douche et una canya sur une terrasse fréquentée je cherchais une table sur une terrasse chez une pizzeria, où une salade 'Hawaii' et un pizza me goûtaient bien. Malheureusement, à cause de l'étouffement et des pensées de la maison je dormais mal.




8 - 8 - 2003,   La Seu ↔ La Seu   153 km

Arcalis, 2205 m – Col d'Ordino, 1981 m – Coll de la Botella, 2069 m – Port de Cabus, 2300 m


À sept heures je me plaçais dans la salle peu intime du bar pour mon petit déjeuner à moi-même, complété d'un cafe cortado par le patron. Trois quarts d'heure plus tard je partais pour un jour de haute montagne en Andorra. La circulation sur le N145 n'était pas déjà si fréquentée que l'autre après-midi, mais à partir de Sant Julia de Lória ça changeait. Àu capital déjà il y avait beaucoup d'agents de circulation, en chemises rouges et pantalons noirs. Je regrettais ne pas avoir emporté mon appareil photographique. En Ordino il me plaisait si beaucoup avoir laissé la grande circulation et tous les travaux au chemin derrière moi (et aussi j'avais besoin de me ravitailler avant la première escalade sérieuse) que je prenais une courte pause. Je m'étonnais qu'en Ordino on parlait Français. Et enfin j'entamais la grande montée où (en 1999?) Jan Ullrich distançait tous les autres – y compris Bjarne Riis – et gagnait le Tour de France. C'était une dénivellation d'à peu près mille mètres dans un paysage un peu décevante. Je reprenais mon souffle au pied de la téléphérique d'Arcalis avant que je plongeais en bas. Pour un jour il n'était pas si chaud, et le ciel était couvert. D'Ordino je continuais directement au Col d'Ordino (pour le mettre à ma liste de tous les deux côtés). À la fin je perdais mon patience; la pente n'était pas si raide et il menaçait (et commençait) à pleuvoir. De retour en Ordino je cherchais une terrasse avec un grand parasol, que je trouvais, et d'où je commandais un sandwich et un (bon) cappuccino. Le troisième projet de cette étape: le Coll de la Botella. Et ça, notamment après les deux prédécesseurs, apparaitrait être le plus dur, surtout les cinq km juste après Pal. Au col j'étais récompensé d'un beau panorama au Port de Cabus. La route suivait une sorte de demi-cercle le long de la montagne, montant tout le temps entre 2 et 6 %. Ici aussi il me manquait mon camera. (Mais l'Internet m'aide ;-)




L'ultime montée

Le cirque culminant au Port de Cabus

Suivaient une très longue descente jusqu'à Andorra la Vella, la route infernale jusqu'à la frontière et les 9 km rapides à La Seu. Quelques courses dans un supermercado, une douche, un canya avant que je cherchais un des trois restaurants me recommandés par le patron de l'hôtel (dans lequel je me sentais un peu comme dans un prison), où je mangeais un gazpacho et una paella. Et j'écrivais encore des pages en pages d'une longue lettre à Arnhem. C'était ma dernière nuit en Espagne; encore une fois je dormais mal (très mal) et peu (très peu).




9 - 8 - 2003,   La Seu d'Urgell → Fos, 161 km

Coll del Cantó, 1725 m – Port de la Bonaigua, 2072 m





Un matin fort agréable


m'emmenant au Coll del Cantó



La descente   . . .

. . .   pas moins agréable

Le GRAND étape: deux escalades de plus que 1000 m, avec tous mes bagages, et la plus grande distance. Je partais tôt. Le gentil patron ne me faisait pas payer pour les deux cortados. Un beau matin avec des nuages moutonnés. Après avoir suivi la Sègre pour sept km je tournais à l'ouest et commençais la première longue montée. Pendant sept km ça montait vraiment! Mon expérience me disait que ça ne pouvait pas durer tout le temps, mais si, ça durait plus long que j'avais pensé. En effet, après cette partie un peu rude la reste était bien raisonnable, avec même une descente de deux km, et une finale faux-plate. La descente à Sort me donnait beaucoup plaisir: une route très bien goudronnée, sans trop de virages aigus, sans beaucoup voitures, et avec continuellement de belles vues. Presque sans freiner je descendais plus que mille mètres. À Sort, où je passais une nuit il y a douze ans, je me reposais avec de la pâtisserie et des boissons. Ensuite je suivais le C-147, pas laid, mais plus fréquenté, et montant peu à peu jusqu'à Esterri d'Aneu, où - sous un soleil brûlant - j'arrivais environ midi. Je me refraîchais sur une terrasse ombrée avant que j'allais attaquer la pièce suivante de mon programme, le Port de la Bonaigua.




Deuxième exercice


. . .   long et chaud



Suivi d'un long passage pour me reposer

Surtout au début il était gravement chaud. Plus haut il devenait plus agréable, et à mi-chemin j'ôtais mon T-shirt, habitude presque quotidienne. Pendant les derniers kms je me sentais très fort quand je dépassais deux hommes sans bagages, un d'eux marchant, vélo à la main, l'autre juste avant le sommet où je pouvais encore accélérer. Je passais le col à 18 km/h! N'étant pas trop essoufflé j'avais besoin seulement de cinq minutes pour manger et boire quelque chose avant que je commençais la longue descente un peu laide, aboutissante à Vielha. Vielha me semblait beaucoup poussé depuis 1991 quand je faisais l'étape de Vielle-Aure à Sort par trois cols et beaucoup de pluie. Aussi le chemin longeant la Garonne n'était ni très spéciale ni tranquil. Avant six heures je me trouvais déjà sur un terrasse à Bossost en face d'un canya, bien plus tôt que j'avais pensé possible. Comme ça je restais sec quand une courte averse passait. Après il y avait risque de plus d'averses, sans ou avec orage. À grande vitesse - avec le vent du sud - je retournais en France et parvenais au gîte un quart d'heure avant une averse d'au moins une heure et demie. Là je rencontrais une Française très élégante qui faisait part du GR 10 avec une amie aussi jolie. On passait un beau temps - au moins, moi je le faisais - avant et pendant un **** dîner. Le patron était absent et ses remplaçants - deux garçons d'environ dix-huit ans - voulaient faire une bonne impression. Ils y réussissaient! C'était formidable, le dessert avec quatorze fruits frais différents, était même 5*. Je dormais dans une petite, jolie chambre avec douche et toilettes sous le toit incliné.




10 - 8 - 2003,   Fos ↔ Fos, 149 km

Col d'Artigascou, 1351 m – Col de Menté, 1349 m – Port de Balès, 1755 m – Col du Portillon, 1320 m



J'arrivais dans la salle à manger juste avant que les deux belles randonneuses quittaient. J'étais dans un coin avec assez d'escalades intéressantes de l'aspect sportive et aussi quant au paysage. Déjà deux km du gîte j'entamais l'ascension du Col d'Artigascou, intéressant des deux respects nommés. Je n'avais pas de bons souvenirs de ce col de mon tour de 2000 (j'avais dû descendre dans la pluie) mais ce matin c'était merveilleux. Il me semblait que les forêts sur les versants avaient déjà les couleurs de l'automne. Je suivais la petite route, qui montait fort, avec beaucoup plaisir. Je regrettais n'avoir pas emporté ma camera. Mais . . . . quelques ans après on peut bien inventer son randonnée illustré ;-)   Au sommet je rencontrais une autre Française jolie et sportive. C'était une cycliste qui restait à Fos, en effet dans le bâtiment juste en face du gîte. Elle restait là-bas avec ses enfants chez sa bel-mère, et avait promis retourner avant midi (après le Col de Portet d'Aspet). Ensemble nous continuions par une route forestière en mauvais état - plus mauvais qu'en 2000 - jusqu'au Col de Menté, et là nos itinéraires divergeaient.




Montée au Col d'Artigascou

Entre Artigascou et Menté

Dans la descente ravissante du Col de Menté j'égalais mon record de vitesse de 73 km/h. Je suivais la Garonne pour dix km avant de tourner à gauche en direction de Mauléon Barousse. La femme "de l'Artigascou" m'avait informé que la route du nord au Port de Balès (1re catégorie ou peut-être même HC) avait figuré dans le Route du Sud de 2003, si la chaussée devrait être bonne. À Mauléon j'achetais des gâteaux et des boissons fraîches. Un homme avec une grande posture m'avertissait de la dureté (et la chaleur!) de la montée au Port de Balès. Après ces avertissements c'était moins difficile que j'avais craint, mais objectivement c'était un des cols les plus durs des deux semaines.




Un des plus durs

Impression artistique

Au sommet presque désert (seulement un couple en lisant) je reprenais mon souffle, et, notant que la route au Bourg d'Oeuil n'était plus qu'une mauvaise piste, je redescendais à Mauléon, où je me baptisais trois fois dans l'eau d'une fontaine. Ensuite une partie ennuyeux de trente km jusqu'a Luchon. Et .... le temps changeait; plus j'approchais Luchon, plus haute devenait le tonnerre. Aussi le vent devenait beaucoup plus fort. J'arrivais dans ladite ville mondaine entre trois et quatre heures, pas assez tôt pour intercaler l'escalade à l'Hospice de France (comme en 2000 quand le temps mauvais le faisait trop) mais encore avant la pluie. Je spéculais trouver un restaurant à St.-Mamet, mais il me fallait retourner à Luchon où je commandais une coupe de glace pas low budget. Il y avaient quelques gouttes dont je n'avais pas peur après tout la chaleur, seulement je mettais des choses en plastic avant que je partais pour la dernière exercice de l'étape: le Col du Portillon. J'essayais rouler plus vite que normalement à cause de l'orage menaçant, et j'étais bien heureux arriver au sommet (et à la frontière Espagnole) avant l'averse s'éclatait et même en descendant c'étaient juste quelques gouttes jusqu'à Bossost où j'achetais la dernière cerveza sin alcol du magasin, mais pour le reste continuais sans canya et au-delà de mes prévisions rentrais dans le gîte sans tricot trempé. Au gîte je rencontrais dix ou douzes garçons Allemands et une fille qui étaient venus pour un stage d'escalade d'une semaine. Aussi le gérant était rentré d'un grand meeting dans la Lozère contre la W.T.O. Jamais j'ai rencontré un Français qui parlait aussi bien l'Allemand. Avant le dîner je visitais la femme de l'autre côté (et du Col d'Artigascou) et nous échangeaient nos expériences de vélo dans les Alpes et les Pyrenées. Le 'dîner léger' (mots du gérant, qui avait peur que le cycliste n'avait pas assez mangé!) était drôle avex les garçons qui ne se connaissaient pas trop. Aussi drôle était la stupéfaction du gérant quand il observait que la chambre à coté de la mienne était occupée d'un randonneur (type militaire), et pas par la fille Allemande - par erreur elle était placée avec moi. Elle et lui échangeaient leurs lits, lui et moi nous parlions un peu et allions dormir.




11 - 8 - 2003,   Fos → Aulus-les-Bains, 125 km

Col des Ares, 797 m – Col de Portet d'Aspet, 1069 m – Col de Catchaudègue, 893 m – Col de Latrape, 1111 m



Le matin nous partagions le petit déjeuner (mais pas les reliefs de la tarte des fruits qu'on m'avait mis dans le frigo; même après deux jours c'était délicieuse). Moi j'allais suivre à peu près la même route qu'en 2000, par le Col des Ares et le Col de Portet d'Aspet (le Col de Menté, seulement huit km après le départ, et tout chargé, me semblait un peu trop). À cause de la canicule cette année je continuais plus loin avant le café et des gâteaux. Le grand exploit de cette étape serait le Col de Portet d'Aspet, et dès le beau et facile Col des Ares toutes mes pensées allaient en cette direction. Environ dix heures, après Henne-Morte je tournais à gauche pour les derniers 4,5 km (avec une dénivellation de 435 m), dans lesquels j'éprouvais mon moment de gloire. "C'est pas trop lourd", me demandais un cycliste de mon age, qui me dépassait sur son vélo très léger. "Non, non, doucement, doucement, ça va." Toutefois il ne me distançait pas beaucoup et quand la pente devenait très raide je le rattrapais. Nous allions coude à coude, sans parler. 1500 m avant le sommet je pensais qu'il n'allait pas bien et que je pouvais démarrer, ce que je faisais, facilement! Au sommet bien sûr je ne m'arrêtais pas. J'espérais trouver un bureau de poste à Portet d'Aspet, et si je ne le trouvais même pas à Saint Lary, je décidais me reposer là. Je continuais le long de la Bougaine et il devenait chaud; plus exactement: brûlant. Je n'avais pas envie de (et courage pour) passer par le Col de Portet et continuais suivre la vallée jusqu'à Saint-Girons - ville dont j'ai surtout de mauvais souvenirs - où je remplissais mes bidons dans un garage d'ambulances. J'étais heureux avec toute pièce d'ombre, mais j'avais le courage d'inclure la petite route à Alos.




Pas loin avant Saint-Girons

Après Seix:   belle Vallée d'Ustou

Mi-chemin je me reposais chez une petite cascade, mais ainsi je ne trouvais pas assez de rafraîchissement. Un km plus loin j'étais en nage de nouveau et pendant un passage même pas si raid entre Alos et le Col de Catchoudègue tout courage était disparu. Surchauffé j'arrivais à Seix. Je passais une heure et demie sur une terrasse bien fréquentée (aussi par beaucoup de compatriots). À cause de cette pause il n'y avait plus assez de temps pour le Col de Pause - et aussi il était vraiment trop chaud pour une exercice comme ça. Dommage. J'avais même un peu peur pour le Col de Latrape, mais ça apparaissait sans raison.




Belle descente   . . . .

. . . .   du Col de Latrape

Environ 6 p.m. j'arrivais au gîte qui n'avait pas beaucoup changé depuis 1991. Simple mais chaleureux, seulement il y avaient des nouveaux patrons. Dans mon dortoir j'avais le choix de douze matelas. Je prenais un bon dîner avec un couple d'à peu près cinquante ans - dans le jardin, comme en 1991. Avec un cloche bien proche, qui sonnait tous les quarts d'heures, deux fois! (y en avaient-ils deux?) je ne dormais pas bien.




12 - 8 - 2003,   Aulus-les-Bains ↔ Aulus-les-Bains, 150 km

Col d'Agnes, 1570 m – Col de la Crouzette, 1246 m – Col de Portel, 1465 m – Guzet Neige, 1520 m




Col d'Agnes   . . . .

. . . .   un de mes favoris de toujours

6:00 h je prenais le petit déjeuner me preparé par les gens du gîte. Ça ne me goûtait pas bien - le café goûtait même affreux! Et aussi j'avais déjà un peu envie de rentrer à la maison, un sentiment que je ne connaissais pas il y à 15 ans. Comme en 2000 je commençais cette étape 'sans' avec l'ascension du Col d'Agnes, un de mes favoris dans les Pyrenées. Cette dernière fois c'était une étape avec beaucoup de pluie et froid, au présent c'était un autre jour très chaud, mais pas encore avant midi. De nouveau je gagnais les 800 mètres avec un bon rythme, observant la grande montagne dans l'est, et dans l'ouest Aulus, plus en plus bas, avec au-dessus des autres hauts pics. Par exception j'avais emporté mon apparail photographique, et je l'utilisais! La descente à Massat n'était ni spéciale ni rapide. Les nectarines à Massat étaient d'une bonne qualité, et dans un bar j'étais à peine servis par une femme qui me semblait déjà fatiguée après seulement une ou deux heures de travail. Exploit suivant: la montée au Col de la Crouzette du côté de Biert. Une dénivellation de 650 m en 8 à 10 km, mais la plupart des 650 m est gagnée dans les derniers 3 km. Et qu'ils sont raids!! Du col la route monte encore pour quelques km au Col du Portel; pas trop, mais ça durait, c'était irritant! Et enfin une longue belle descente jusqu'au Col de Marrous, ou j'étais heureux de trouver même un restaurant. Le jour était si beau, ma physique si bonne, que je ne me souciais pas de la patronne de mauvais humeur. Je reprenais la belle route au Col du Portel, au Col de la Crouzette, et descendais la petite, pas bonne route le long du Nert. Le vent que je faisais avec la bonne vitesse ne me rafraîchait pas. La canicule était insupportable. Doucement, doucement, je suivais le Salat jusqu'à Seix. Dans le bar où il y a trois ans avec un compagnon temporain nous trouvions un peu de chaleur et des chocolats chauds cette année je trouvais un peu de fraîcheur (et deux bières 'sans').




Entre Péguère et Crouzette

Approchant le mauvais temps

Une heure plus tard je partais pour la route courte et facile à Aulus - de nouveau ce n'étaient pas les bonnes circonstances pour le Col de Pause. En effet pendant l'heure avec les bières le temps avait changé. Il semblait qu'il allait vraiment pleuvoir! Bien sûr que ce n'était pas grave, plutôt frais, mais je me hâtais contre le vent - qui devenait de plus en plus fort - et aussi contre la pente, en direction des nuages noirs. La pluie m'attrapait trois km avant Aulus. Pas de problèmes. J'arrivais au gîte entre 4 et 5 trempé (pas grave!) et avait assez de temps à faire un ouvrage utile: changer les pneus. Une heure plus tard la pluie s'était arrêtée. Parfait!




Aulus-les-Bains, village merveilleux

Guzet-Neige

Avec une bonne température je pouvais encore ajouter la montée classique du Tour à Guzet Neige. Très plaisant, très vite (pour moi): 12 km/h. Je redescendais - aussi vite, et plaisant - pour une douche rapide, et un dîner savoureux et chaleureux. Cette nuit on était 8 pour les 12 matelas.




13 - 8 - 2003,   Aulus-les-Bains → Orlu, 148 km

Col de Saraillé, 942 m – Col de Port, 1250 m – Pas de Soulombrié, 911 m – Col de Marmare, 1361 m – Plateau de Bonascre, 1380 m



Au petit déjeuner je n'étais ni le premier ni le dernier. Après quelques mots avec quelques personnes, et du café et des céréales de moi-même je partais pour un autre jour surchauffé. Je prenais la petite route par le Col de Saraillée, qui n'est pas très haut, mais qui monte et monte et dure et dure. À l'autre côté la descente aussi semble interminable (mais pas laid!). Je jugeais Massat un peu tôt pour une pause et continuais en direction du Col de Port - le seul col que j'ai passé dans tous mes 5 rencontres avec les Pyrenées. Mi-chemin, juste après 9 heures, je trouvais une petite épicerie où je faisais quelques achats alimentaires.



Versant oriental du Col de Port (autre image emprunté)

C'est en effet un grand hasard que j'ai passé ce col si souvent: il n'est pas très spéciale. Je descendais à Tarascon, observais la route Nationale vers Andorra tout embouteillée, et après une ravitaillement chez une supermarché j'étais heureux quitter la ville affairée, et plus heureux quitter la D618 pour la petite D20 au Pas de Soulombrie. Dans la chaleur le passage de 7 à 10 % entre Arnave et Cazenave était bien méchant. Après Cazenave c'était fait; je restais en altitude pour bien longtemps. Peu avant Axiat je trouvais un coin paradisiaque au bord d'un courant rapide. Moi et mon paquet de jus d'orange nous nous trouvions du rafraîchissement. La suite était inattendu belle et agréable: un petit chemin longeant la rampe couverte (ombre!), et montant très regulièrement jusqu'au Col de Marmare. Avec pitié je tournais à droit pour les derniers 2 km jusqu'au Col de Chioula. Les vues sur Ax 3 Domaines n'étaient pas mal, la chaussée était bien aussi, il ne me fallait pas trop freiner, mais je me rappelais ce col comme beaucoup plus beau. Ax-les-Thermes était chaud et affairé, ce que ne me surprenait pas. Je m'asseyais chez un petit carré d'eau où beaucoup de touristes barbotaient (pas moi; moi je préférais rester dans l'ombre). Pour deux km il me fallait suivre la RN à Andorra, avant que je tournais à gauche dans la Vallée d'Orlu pour encore six km. Heureusement la route ne montait pas si beaucoup que j'avais craint. Le gîte était un chose de moindre importance au fond d'un restaurant. J'étais assigné une chambre à moi-même, pas si chaleureux qu'en Aulus. Après avoir mis la plupart de mes bagages dans cette cellule je remontais mon cheval-de-fer pour la finale de l'étape (et aussi la finale d'une étape du plus recent Tour de France), ça veut dire: la montée au Plateau de Bonascre (autrement dit: Ax-3-Domaines). Si je redescendais à Ax-les-Thermes, et tournais à gauche pour entamer une montée bien dure! Plus dure que l'ascension à Guzet-Neige de la veille (et pas seulement par les circonstances météreologique - cet après-midi il était vraiment plus chaud).




Profil Plateau de Bonascre/Ax-3-Domaines

Ax-les-Thermes

Au parking à 1380 m je retournais sans m'arrêter. Après 1 km de descente, quand la sueur était un peu séchée, je mettais le casque. Aprês une douche et quelques pages de Lord of the Rings (livre ennuyeux!) je me mettais à table, une table à une personne (ennuyeux!). Le dîner n'était pas mal (comme presque toujours en France) mais je ne me trouvais pas vraiment bien accueilli. Aussi je n'en étais pas sûr que le lendemain le petit déjeuner allait être préparé et mis devant la porte de ma chambre. Après le repas je me mettais dehors, avec un stylo et un cahier, et je restais là jusqu'à environs 9 heures 30 quand il commençait à pleuvoir. Cette nuit ce n'était pas du bruit qui me gâchait le sommeil, c'était l'étouffement.


Gîte "Le Relais Montagnard"



14 - 8 - 2003,   Orlu → Escouloubre, 145 km

Col du Pradel, 1680 m – Col d'Aychides, 1007 m – Col de Pailhères, 2001 m


Toutefois je me levais tôt, et mangeais le petit déjeuner (si, tout était bien dans ce respect) sur mon lit. Après avoir dégluti le mal du pays (de mes filles) avec du café je partais pour la dernière étape montagneux avec bagages, avec deux pièces de résistance. La premiére s'annonçait déjà vite après le départ. En effet directement à partir de Ax. Le Col du Pradel, il est vrai on l'attaque en trois phases: une partie de 3,5 km à 6-7 %, une partie de 3,5 km 'faux plat', et enfin 7,5 km à 8-9 % en moyenne. Que ça grimpait! Doucement, doucement dans la vitesse la deuxième petite, mais sans m'enforcer trop, par un chemain très étroit, je franchais cette dernière partie. La première (et seule) fois que je l'avais fait, je l'avais aussi fait du côté d'Ax mais j'étais redescendu à la même côté.



Pas un petit besogne

Belle et petite route vers le nord

Cette fois je descendais au nord et cette descente est une des plus belles que j'ai connu dans les Pyrenées: une petite route (pas bien chaussée et avec beaucoup de pet des vaches) dans un paysage grandiose! Très, très beau (j'avais oublié tout mal de pays). Ça descendait et ça descendait, de temps en outre par des gorges, et par des petits villages sans commerces. Un café m'aurait gouté bien! Dans un de ces villages je demandais à des gens qui travaillaient dans leurs jardins s'il y avait un restaurant ou une boulangerie. "Non mais le boulanger va arriver dans dix minutes". Je m'asseyais sur un banc pour attendre, et là il (non, elle) arrivait, et j'avais un chausson aux pommes et un croissant frais. La continuation, le long du Rebenty, était moins spectaculaire mais aussi agréable - je reconnaissais un passage de mon tour de 1987, une point dont en ce temps-là j'avais fait une photo. À Axat enfin je trouvais le café bien mérité. Juste après Axat, juste avant les Gorges de St.Georges je ne pouvais laisser mon appareil photographique au fond de mes sacs. Je suivais l'Aude pour 10 km avant que j'abordais la petite D162 qui mène au plateau de Pays de Sault. Je dépassais une couple Hollandaise qui avaient une vitesse de 8 km/h; la route montait 5 à 7 % et la canicule encore régnait sévèrement. Comme plus au moins prévu je passais un "vrai" col (un panneau disait Col d'Aychides), pas mentionné par Michelin.




Peu avant Gorges de Saint-Georges

Au plateau 'Pays de Sault'

Vue sur la vallée de l'Aude

La descente dans le val de l'Aude, le long d'un versant presque vertical, était courte et spectaculaire. J'espérais trouver un restaurant ou un magasin avant que j'allais attaquer le dernier col HC - exploit insensé sous la canicule! - mais je ne trouvais aucun; seulement un bâtiment avec le mot RESTAURANT. Je ne voulais vraiment pas monter le Col de Pailhères avec tous les bagages, et je décidais mettre mes choses hors de vue derrière une maison. Aussi je mettais la bouteille de jus d'orange dans l'Aude pour le réfrigérer. Je m'asseyais sur un banc sous la fenêtre avec une nectarine quand un voisin arrivait: si je savais que c'était "propriété privée" - ce que je savais - si je comprenais "que cela veut dire" - si je comprenais, "mais je pense ..." - et il me "demandait gentiment" de prendre mes choses et partir. Je le trouvais absurde, mais qu'est-ce que je pouvais faire ....   Je continuais 6 km jusqu'au pied de la montée finale à Escouloubre, et là je trouvais une vieille ferme "à vendre" avec une grange sans porte. Je mettais plus de 10 kilos dans cette grange, et je retournais au pied du Port de Pailhères. Chaud et fatigué je parcourais le trajet raid à Mijanès. Là, dans une boulangerie, comme chez la "propriété privée" je ne me trouvais pas très bien accueilli: pour un bidon d'eau la femme me renvoyait à une fontaine. La soif étanchée et avec l'estomac rempli, je partais pour les derniers 11 km. Le Col de Pailhères, je le connais bien, c'est un beau col, bien dur. J'étais trop fatigué pour l'enjouir trop, mais il nétait pas une mauvaise expérience - beaucoup mieux qu'en 1989 quand je le montais avec un estomac grommelant, et pendant la descente tombais vraiment malade!



Un besogne même un peu moins petit

Belle descente à l'est (un jour moins tranquil)

Après une rapide descente je retrouvais mes choses dans la grange, et - doucement - montais un autre 2.5 km, sur le Col de Moulis après lequel suivait une courte descente à Escouloubre. Par un chemin mal chaussé j'arrivais chez un gîte auberge bien trop luxueux pour moi, mais avec une terrasse fort agréable! Pour le gîte d'étape j'avais encore à descendre un autre 500 m. Là je trouvais la porte fermée à clé; le clé était à chercher chez .... le gîte auberge! Ça promettait quelque chose (bonne) pour le dîner, et en effet le dîner était quatre étoiles! La table d'hôte était complète avec soixante-dix personnes. Je me trouvais entre quatre amies Françaises/Allemandes qui faisaient des ballades dans la région, de qui notamment une avocate de l'Aveyron était très drôle et gentille. À ma côté droite c'était un vieux couple qui s'aimaient un peu trop (tous leurs communications commençaient avec "mon chéri" ou "ma chérie"). Avec l'homme, un marchand d'objets d'art en retraite, on pouvait bien converser, sa femme, très maquillée jouait la femme pitoyable. Par exemple elle avalait de travers au moins dix fois; pour recevoir de l'attention? Moi et la femme de l'Aveyron nous nous voyions et avions les mêmes pensées (je pense). En pleine nuit je retournais au gîte que je partageais avec deux autres (que je n'ai pas vus).




15 - 8 - 2003,   Escouloubre ↔ Escouloubre, 135 km

Col de Jau, 1513 m – Col de Millères, 1007 m – Col du Creu, 1709 m



Un matin maussade: du brouillard (aussi dans ma tête). Je choisissais une route qui montait pour si longtemps que je pensais que j'avais pris la fausse, mais heureusement mon sens de direction pour une fois se trouvait bon. Suivait une longue descente, encore sous un ciel très nuageux. Je voulais être a Nootdorp! La montée au Col de Jau était bien tranquille mais elle ne me plaisait pas. Au sommet il commençait même à pleuvoir un peu. Eh bien, c'était pas grave. La longue descente aussi ne me donnait pas du plaisir. La chaussée ne permettait pas rouler très vite, le paysage était ouvert et un peu ennuyeux (c'était moi qui étais ennuyeux!). En mauvais humeur j'arrivais à Prades, où je visitais une boulangerie et un bar. Chez une épicerie je rencontrais trois cyclistes: deux Israélites et une Danoise. Ils avaient comme destination Escouloubres et je les proposais venir au gîte là-bas, ce que la Danoise réglait tout de suite avec sa téléphone. Avec cette perspective d'une soirée avec des congénères mon humeur s'améliorait beaucoup. Je continuais mon itinéraire avec le Col de Millères. Il était chaud, comme toujours; aujourd'hui c'était une chaleur humide. La route au Col de Millères est juste une des plusieurs qui montent au Canigou. Avec un meilleur humeur c'était un plaisir longer les côtes. À Vernet-les-Bains les terrases étaient pleines de monde. C'était encore avant une heure, j'entrais dans un magasin de souvenirs où j'achetais trois T-shirts "des Pyrenées". Par une sorte de boulevard je redescendais au Têt où pour 10 km il n'y avait pas une bonne alternative pour le RN vers Mont-Louis. À Olette je prenais une pause d'un quart d'heure, chez une fontaine avant que j'entamais la dernière ascension de plus que mille mètres. Quelle belle ascension! Vraiment un bon au-revoir (un adieu?) aux Pyrenées. À travers un paysage aride, avec à gauche une rivière plus en plus basse, en pente regulière (je l'estime toujours 2 à 6 %) c'était fort agréable et cette année la pensée que c'était la dernière ascension 1re catégorie ne me gênait pas. À Sansa j'avais une autre courte pause, et les derniers cinq km je connaissais (un peu) de l'étape de neuf jours avant. Dès le Col de Creu c'était presque une longue descente jusqu'au "grange de hier". La petite montée au Col du Moulis ne comptait pas. J'arrivais "à la maison" environ 6 heures. Après une douche je me mettais à la table dans la cuisine, avec stylo et cahier et je voyais arriver pas seulement le trio de Prades, mais aussi un duo d'amis cyclistes et un cycliste accompagné par sa femme (en voiture). Le dîner était animé avec lesdites cyclistes. (Seulement le dîner contenait quelques plats du jour précédent.) Il paraissait que la Danoise qui était très jeune (moins que 20 ans elle me semblait) faisait un tour de déjà cinq semaines. Elle me faisait rappeler mes tours ainsi longues entre '85 et '90 - aujourd'hui avec deux filles à la maison même seulement quinze jours sont presque trop longs pour moi! À 10 h, avant les autres, je rentrais au gîte; les autres suivaient vite. Le gîte sentait au complet - pas du privé du tout - pas mal. De nouveau un cloche très proche. Merde! (La première nuit à ND du Corral était la meilleure de tous les vacances!)




16 - 8 - 2003,   Escouloubre → Rivesaltes, 173 km

Col d'Aussières, 1020 m – Col d'Auzines, 605 m – Col de la Bataille, 265 m – Col de Dona, 200 m


Ce matin le patron du gîte auberge avait l'air très fatigué, ce qui n'était pas étonnant après deux des trois jours les plus affairés de l'an - même l'idée de la lave-vaiselle me semblait horrible. Quand je rentrais dans le gîte pour ramasser mes choses je trouvais les autres juste éveillés. J'échangeais adresses avec les Israélites, deux gars vraiment sages et amicals. Sous un ciel un peu nuageux, pas trop, je partais pour la dernière fois, enfin. Une très petite route, pas très connue, et très très belle me conduisait à l'Aude que je suivais à grande vitesse à Axat d'où je téléphonais à la maison pour annoncer que j'allais rentrer avec beaucoup envie du rendez-vous. D'Axat je prenais la route que j'avais roulée une fois avant, en 1987, et dont je ne me rappelais - de nouveau - rien, c'est à dire la route tranquille et délicieuse au Col d'Aussières.




Montée longue et tranquille au Col d'Aussières

"Orgues"

Le seul problème: avec mon envie de finir l'étape cela me durait un peu trop longtemps avant qu'enfin j'arrivais au col, 3 km après le point le plus haut. Je descendais à Sournia, où j'achetais de la pâtisserie et n'avais pas la patience de m'aligner à la fin d'une file dans une épicerie. Par contre je commandais un café et un coca dans une sorte de maison municipale. Je ne restais pas longtemps sur la terrasse puisque je voulais atteindre Ille-sur-Têt avant une heure. Entre Sournia et Ille-s-Têt il y avait encore le Col des Auzines, que je montais avec une grande hâte. Ainsi j'arrivais à Ille une heure moins quart - et y trouvais presque tous les magasins fermés! Pour la reste du samedi!! Il semblait que c'était un jour entre deux jours fériés. Je prenais quelque sorte de repas du midi sous un platane - qui m'abritait de la pluie (pas trop). De là je zigzaguais à Rivesaltes, par le Col de Dona (200 m? 250 m?)




Profil d'un col nain


Route calcaire

et par Perpignan où j'espérais trouver un magasin aux souvenirs, parce que les magasins dans les villages que je passais étaient tous fermés. En vain! Trouver la bonne direction pour quitter Perpignan en vélo était presque impossible, si c'était par Bompas que je retrouvais la route à Rivesaltes. Par tous ces agissements cette étape était devenue la plus longue - certainement pas la plus intéressante! - de ce tour. Peu avant Rivesaltes je passais une cave où j'achetais deux bouteilles de vin comme souvenirs. Environ 6 heures j'arrivais à Rivesaltes, et là tous les magasins étaient ouverts. Quelle surprise! Je rencontrais la famille Allemande de l'autocar, changeais les vêtements cyclo pour des vêtements ordinaires, avait 'un demi' sur un terrasse, et prenais un dîner simple sur la place avec des joueurs de jeu de boules. Je n'avais pas des problèmes retrouver l'endroit de départ de l'autocar, contrairement à deux filles de Nijmegen, qui étaient venues de Barcelone à Perpignan par train, et qui avaient eu beaucoup de dégâts trouver la route à Rivesaltes et de Rivesaltes à l'hôtel Tropical.

Distance totale pour 15 jours: 2120 km.

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Les demoisselles Hensbergen


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